L’éco-lieu artistique


Avignon devient chaque année au mois de juillet une capitale internationale du spectacle vivant, c’est une ville de taille moyenne dotée toute l’année d’une dizaine de théâtres. Alors pourquoi décider d’y créer un énième lieu artistique ?

Avignonnaises et avignonnais de longue date, nous avons pu identifier plusieurs enjeux.
Avignon a la particularité par ses remparts qui entourent l'ensemble du centre-ville d'avoir un intra et un extra-muros. Ces pierres sont souvent vécues par celles et ceux qui vivent à l'extérieur comme l'impression de ne pas être de la même ville et, par conséquent, certains liens ne peuvent se mettre en place et génère une forme d'incompréhension.

Le “centre” est favorisé au niveau de l'offre culturelle, associative et patrimoniale et l’extra-muros reste en marge.

À cela s’ajoute l’économie du festival qui génère un problème important de foncier, des lieux qui accueillent des spectacles au mois de juillet et restent vides toute l’année. Pour finir, les acteurs culturels locaux restent assez isolés, cloisonnés dans leurs pratiques et avec un public, plutôt fidèle mais trop peu renouvelé.

Notre projet est de créer un éco-lieu artistique, en extra-muros, qui sera partagé par plusieurs associations qui y auront leurs activités, composé d'enfants, d'ados et d’adultes issus de tous horizons qui viendront découvrir et pratiquer différentes formes artistiques, avec une programmation annuelle éclectique.

Nous désirons une véritable expérimentation de nos valeurs, dans une ambiance favorisant l'intelligence collective pour garantir qu'il y ait en permanence la notion de transversalité (théâtre, musique, performances, expositions, etc.) et de citoyenneté dans les propositions.

Chaque partie prenante du projet ne doit pas se sentir isolée, sentir que son action, son engagement, son envie, sert le collectif et ait une place qui lui soit réservée.

Nous souhaitons inclure les habitantes et habitants des quartiers alentours, le réseau associatif, les conseils de quartier et conseils citoyens à chaque étape de la construction, puis tout au long de la vie du lieu. Nous croyons à la nécessité de cette démarche pour créer un lieu pérenne, un endroit où chacune et chacun se sentira bien, qui favorisera le vivre ensemble, un lieu en phase avec son environnement, soucieux des enjeux de demain, alliant arts, écologie et société.

Cet éco-lieu est également l’occasion de créer l’opportunité d’un dialogue bienveillant, de s’interroger individuellement et collectivement. Il se situe dans le mouvement des lieux intermédiaires (héritiers des friches culturelles des années 70 et très proches des tiers-lieux en termes de dynamique).

Nous utiliserons l’universalité de l’art, sa sensitivité pour transmettre des messages et prouver par l’expérimentation qu’il est possible de changer ses habitudes et de vivre dans un environnement personnel et professionnel plus agréable et plus respectueux.

En attendant de trouver l’emplacement idéal pour notre éco-lieu (vous pourrez suivre nos visites dans la rubrique “Chroniques” et sur les réseaux sociaux) nous avons donc décidé collectivement de débuter notre aventure en lançant ces différentes activités : événementiel transitionnel, ateliers, stages et formations dès mars 2021, en nomade, dans différents lieux de notre territoire.

Au moment où l’éco-lieu artistique aura été trouvé et les travaux de mise en conformité ERP terminés, nos équipes lancerons la programmation de la saison à venir dans un esprit participatif et de co-construction.

Nous nous appuierons sur les propositions thématiques qui auront émergées la première année, lors des différentes réunions publiques, ainsi qu’avec la commission des publics. Cette commission et cette tribu ainsi constituée, sera associée aux choix de la programmation proposée par l’éveilleur SCOP. Ses membres pourront faire des propositions d’événements complémentaires.

" Comment les arts peuvent aider à la transition de la société ?
Quelle est l’utilité sociale des artistes, en particulier en ces temps troublés ? "

" L’art, c’est le plus court chemin de l’homme à l’homme " disait André Malraux.

Fresque des envies